Autosuffisance alimentaire au Sénégal : vers une solution possible mais onéreuse

La situation qui prévaut actuellement au Sénégal est tel qu’il est aujourd’hui nécessaire de se poser la question à savoir si nous pourrons un jour avoir l’autosuffisance alimentaire tant chantée par nos politiques.

En effet, ce n’est ni la surface qui manque, ni les ressources humaines mais c’est plutôt un manque d’organisation au niveau étatique. Référons nous à l’Etat d’Israel et prenons exemple sur lui ; il a un territoire désertique et un climat peu propice et pourtant il demeure un important exportateur de cultures fraîches. Pourquoi cela ne peut pas être le cas au Sénégal ? Où sont nos ingénieurs hydrauliques et agricoles ? Cette question de culture ou d’autosuffisance alimentaire devrait être la leur car il suffit d’une petite réflexion dans le possible pour réaliser l’impossible.

Dakar, notre capitale surpeuplée, est alimenté en eau par le lac de Guiers principalement, et via des canaux la SDE s’efforce de faire parvenir cette eau traitée dans tous les ménages vivant dans cette région. Avons-nous pensé ? Avons-nous pensé une seule fois rendre la monnaie de la pièce ? Je m’explique. La région Nord du Sénégal est depuis de longues années menacée par l’avancée du désert. Certaines terres sont asséchées, d’autres incultivables et pourtant, chaque jour, des milliers de mètres cubes d’eau sont déversés dans l’océan atlantique après avoir été « traités » par l’ONAS (Office Nationale de l’Assainissement au Sénégal). Cette eau que les jardiniers logés tout au long de l’autoroute Dakar Patte d’Oie, sur la Nationale 1 ou encore sur la VDN (Voie de Dégagement Nord), interceptent pour arroser leurs fleurs et leurs plantes, a fini par montrer son efficacité dans l’arrosage des cultures. Ne serait-il pas possible donc de bien traiter les eaux usées de Dakar et d’en faire bénéficier les agriculteurs au niveau des régions désertiques via des canaux ?

En France par exemple, les eaux usées sont récupérées, traitées, épurées avant d’être déversées dans la nature. Et pourquoi pas mon cher pays ne pourrait-il pas réaliser ce projet, ne serait-ce qu’à Dakar où la consommation en eau est plus forte.

Bien sûr, la France n’est pas le Sénégal, les moyens économiques et les compétences ne sont pas les mêmes également. Mais pensons à l’avenir de notre pays ; un avenir incertain surtout pour nos pauvres pays pour qui l’alimentation dépend de l’extérieur. Pourrons nous chaque fois nous aligner sur les coûts mondiaux qui ne cessent de croître ?

Au moins si nous résolvons le problème de l’alimentation, la subvention qui lui était allouée peut être reversée sur le prix du gaz ou du carburant et permettre un mieux vivre à tous.

La réalisation d’une telle infrastructure nécessiterait certes un investissement important, mais son impact sur la vie, l’exode rural, l’emploi des jeunes, l’autosuffisance alimentaire… et j’en passe, serait beaucoup plus bénéfique pour le pays.

Nous savons que faire des “GRANDS CHANTIERS” comme aime à le dire nos chers gouvernants permet de résoudre dans le temps d’exécution de ceux-ci des problèmes d’emploi ; ce chantier sera donc nécessaire pour recruter un maximum de jeunes.

Quand les jeunes ne seront plus obligés d’attendre la pluie pour cultiver, ils ne jugeront pas nécessaires de venir à Dakar où l’avenir est parfois incertain surtout en ces périodes de crise économique.

Les éleveurs n’auront plus besoin de venir jusqu’à Dakar à la recherche de pâturage pour leurs cheptels.

Les transporteurs seront contents d’acheminer vers le Port Autonome de Dakar des denrées au lieu du contraire c’est à dire du Port vers l’intérieur du pays, cela signifiera que notre balance alimentaire pourrait bien être excédentaire au lieu du déficitaire que nous lisons sur tous les rapports.

Quand les techniciens agricoles mettent en œuvre des projets viables qui n’auront pas à dépendre de la pluviométrie, l’autosuffisance alimentaire pourrait donc être acquise dans un court délai.

Deux éléments seuls, je le pense, manquent pour la réalisation de tout ceci : la volonté et l’eau.

La volonté politique de sa réalisation, la volonté des ingénieurs hydrauliques et agricoles de faire preuve de patriotisme et de réaliser un projet commun pour développer l’agriculture, la volonté de tout le peuple sénégalais à sortir de la dépendance alimentaire et de réduire de facto le coût des denrées dites de première nécessité, la volonté également de consommer local comme tous les pays développés ou émergents le prônent.

L’eau qui manque au village désertique, cette eau même que les citadins gaspillent sans souci, cette eau qui fait toujours mal à la banlieue dakaroise et qui peut être récupérée, cette eau enfin que nos ingénieurs hydrauliques devraient pouvoir faire acheminer vers les régions les plus asséchées pour redonner vie à ces territoires mourant.

Cependant, je ne suis ni un ingénieur agricole, ni un ingénieur hydraulique, ni un statisticien mais un simple étudiant géographe qui émet des idées pour un « développement durable » -comme le disent souvent les porteurs de projets de développement- de notre cher Sénégal.

Cependant, loin s’en faut, toute cette infrastructure comme citée plus haut, nécessiterait effectivement de gros investissements. Il est donc du rôle de nos chers gouvernants, de faire une étude de projet viable et de regrouper toutes les parties concernées par la réalisation d’un tel projet et d’en étudier la faisabilité.

Le sénégalais, tout le monde le sait est un grand gaspilleur d’eau qui croit que ces ressources sont inépuisables. Il est temps donc de valoriser cette eau au lieu de tout reverser dans l’océan.

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