Recrutement des nouveaux enseignants : la solution dans le privé

Parler aujourd’hui du recrutement dans le secteur de l’éducation revient à mettre le doigt dans la plaie causée en grande partie par les professeurs. Le problème de l’emploi des jeunes enseignants est très difficile à résoudre. Seule une politique bien murie, peut dénouer le lien qui étrangle l’éducation générale.

Aujourd’hui, le secteur de l’enseignement est l’un des plus pourvoyeurs d’emploi mais c’est aussi le secteur auquel le double emploi est autorisé.

Si au niveau élémentaire le cumul est difficile voire impossible du fait du quantum horaire chargé, ce n’est pas le cas pour le moyen, le secondaire et les études supérieures où les professeurs, à l’espace de deux heures ou plus courent derrière le temps libre pour faire du « khar matt » c’est-à-dire donner des cours dans le privé.

Au Sénégal il est rare, très rare même de voir un professeur employé par l’État, donner des cours dans le privé. Comment peut-on accepter qu’un fonctionnaire ait un double emploi ? La question mérite d’être posée.

Depuis la libéralisation du secteur de l’éducation  et l’échec enregistré dans l’éducation publique, minée par des grèves et des débrayages à en finir, le secteur privé a absorbé une grande part des élèves. En effet, les parents, pour donner une éducation de qualité à leurs enfants, préfèrent amener  leurs rejetons dans le privé synonyme de quiétude, de bonne qualité d’éducation d’autant plus que ce sont les professeurs du public qui y enseignent.

Les maux dont souffre le secteur de l’éducation sont nés de :

Un secteur  infesté par des pseudo-syndicalistes qui ne sont que des politiciens déguisés,

Un secteur où, les professeurs se soucient plus des cours qu’ils ont à faire dans le privé que ceux auxquels ils ont été recrutés à la fonction publique.

En faisant un cumul de travail, les professeurs prennent non seulement la place d’une autre personne mais violent le contrat qui les lie à l’État.

Chaque année, les enseignants sortant de la FASTEF (Faculté des Sciences et Technologies de l’Éducation et de la Formation) réclament leurs intégrations dans la fonction publique.

Ils semblent parfois oublier que, comme a l’habitude de le dire Ousmane BEYE : L’État n’a pas pour vocation de recruter en masse. Son rôle, c’est de mettre en place un environnement des affaires propice à l’investissement et à la création d’emplois. (Ousmane Beye, UCAD)

Ainsi, ces nouveaux enseignants, avec leurs sésames en main, devraient pouvoir frapper à la porte des établissements privés en cas de saturation au niveau public.

Pour que cette invite ait son effet escompté, il sied d’interdire aux établissements privés, le recrutement de professeur en exercice dans la fonction publique. Il faut qu’il y ait une commission de veille de l’application de ces mesures une fois adoptée.

Si les professeurs du public se retiraient des établissements privés, les nouveaux enseignants pourront intégrer le système dès leur sortie grâce au privé.

Un ouf de soulagement de l’État qui aura au moins un recrutement de ses produits universitaires.

L’avenir de l’enseignement  du Sénégal passe par la suppression des doubles emplois dans un même secteur. At spes non fracta

Ghindo DIOP, étudiant en géographie à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar 

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