Sénégal : Le civisme avant l’émergence

Commençons par donner une définition du mot civisme : Priorité donnée par le citoyen aux intérêts de la nation sur ses intérêts particuliers. (Larousse)

De Senghor à Sall, tous les présidents n’avaient qu’un rêve : faire du Sénégal un pays développé. Même si les rêves de chacun d’entre eux se traduisent par des plans aux noms différents, nous retiendrons qu’ils sont tous synonymes d’autoproduction ! Le dernier en date est bien sur celui du Président Sall arrivé au pouvoir en 2012. Comme ses prédécesseurs, son plan aussi a un nom : le « Plan Sénégal Emergent ».

Si beaucoup de plans sont tombés à l’eau, c’est parce qu’ils ont oubliés le plus important de tous : le « Plan Sénégalais Civique ».

Eh bien oui, nous nous trompons quand nous pensons que c’est construire des ponts, des routes… qui feront le développement de notre pays ! Hélas non ! Le développement du Sénégal passera d’abord par l’amour des sénégalais de leur patrie et leur implication dans les besoins de celle-ci.

J’entends par « amour de la patrie », la préservation de notre environnement, le respect des biens publics et des volontaires de la nation.

Regardons autour de nous ; nous aimons tant boire notre « café Touba » le matin, manger notre pain dans la rue en allant à l’école, au travail  ou errant mais où jetons nous nos papiers et gobelets ? Mbedd buur la ! S’exclame-t-on quand on nous reproche d’avoir balancé notre gobelet de café vide par la fenêtre du car en plein autoroute. Mbedd buur la, nos femmes versent leurs eaux de cuisine dans la rue. Mbedd buur la, le papier qui a servi de couverture à notre pain est écrasé par tout le monde. Mbedd buur la, le charretier passe devant ta maison et laisse les excréments de son cheval inconscient qui vient de se soulager d’une charge supplémentaire à celle qu’il supporte déjà. Mbedd buur la, nous urinons sur les murs comme des ch…. alors que nous pouvions chercher une toilette dans une maison ou dans un marché. Je pourrais en citer d’autres mais bon quand le changement sera-t-il jour ? Le développement est-il possible sans un réel changement de comportement ?

Quand je regarde à la télévision des villes africaines très propres, je me dis tout de suite que la propreté n’est pas occidentale comme beaucoup semble l’espérer. La propreté est un comportement, une éducation.

Cyniques sommes-nous je pense ! Notre colère se manifeste par la destruction de biens publics. Nous caillassons les bus du peuple pour une revendication non satisfaite. Des bus achetés avec l’argent du contribuable, qui transportent élèves et travailleurs. A l’extrême pauvreté de notre nation, nous nous devions de préserver les acquis au lieu de les détruire. En agissant de la sorte, nous avons empêché à d’autres de travailler, donc d’entretenir convenablement leurs familles.

Et le pire dans tout cela, c’est que nous ne respectons pas ceux qui nous aident à tout entretenir. Combien de fois assistons-nous aux personnes qui crient dessus les éboueurs –pourtant mal payés- qui essaient de les faire respecter les rangs ? Combien de fois assistons-nous au manque de considération que sont souvent victimes les agents volontaires (ASP, volontaires ville de Dakar) de sécurité?

L’entretien et l’ordre voilà deux mots que le sénégalais ignore et pourtant qui sont garants de toute infrastructure.

Le vrai combat, c’est donner une bonne éducation civique, sanitaire et morale ; non pas celle dispensée à l’école primaire mais celle qui sera réservée à toutes les couches sociales du pays. Aujourd’hui, nombreux sont les enseignants qui ne peuvent être des modèles pour les pupilles car tout simplement, fument devant elles ou s’habillent de manière incorrecte. Les télévisions n’apprennent à nos enfants que danser et chanter même si certaines sortent du lot de ces « télés loisirs ».

Ailleurs, le patriotisme fait défaut dans notre chrr pays. J’aime prendre l’exemple de Thomas Sankara qui s’est impliqué himself dans les programmes qu’il avait pour son pays en descendant lui-même sur le terrain et en s’activant non pas comme un Président, mais comme un citoyen. Quelqu’un d’autre plus près de chez nous et qui est encore vivant : Yahya Jammeh. Issu d’une famille paysanne, il se rend toujours au champ comme tout le monde. Au lieu de prendre des vacances ailleurs, les gouvernants pourraient bien passer deux semaines au moins dans les champs et donner ainsi une bonne publicité à leurs « plans ». Ce sont ces actes qui pourront convaincre les jeunes sans emploi qu’ils ont leurs bras à prêter pour l’autosuffisance alimentaire.

Que faire pour éduquer les populations à la préservation de l’environnement ? Comment changer le comportement malsain des sénégalais ? Quelles politiques de citoyenneté pour avoir des villes propres, un cadre de vie sain ?

Autant de questions qui demeurent muettes et auxquelles des réponses sont bien possibles si nous consentons vraiment à un changement de comportement. Ad augusta per angusta

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